La faïencerie de Wasmuël est née en 1834 sous la direction Isidore Paulus, ancien directeur de la manufacture d'Onnaing. Son épouse Joséphine Renau lui succéda à sa mort en 1852, elle étendit et modernisa l'usine notamment par l'achat d'une machine à vapeur en 1865. Malheureusement, nous ne connaissons aucune pièce de cette époque. Selon certaines archives, de la vaisselle courante stannifère aurait été produite. Elle était de deux types: l'une en terre rouge et l'autre en terre jaunâtre. Une glaçure blanche à l'étain s'appliquait sur les pièces de terre jaunâtre, tandis que celles de terre rouge étaient de deux couleurs, blanc opaque à l'étain à l'intérieur et brun sombre plus ou moins transparent à l'extérieur. De la faïence fine à côtes, à fines côtes ou à côtes de Tournai aurait été produite à Wasmuël. En 1878, la faïencerie périclite. Auguste Mouzin reprend la direction en louant l'usine pour un bail de 9 ans.
A partir de 1880, il rachète des terrains ( dont celui de Paulus ) et agrandit la faïencerie. On trouve à la manufacture un certain nombre de personnes très expérimentées qui vont et viennent d'une manufacture à l'autre: François Dubois, Henri Mahieu, Émile Lombart, Arthur Ollinger, E. Petit, Jean-Baptiste Tastenoe, Frédéric Thurner, Désiré Thon, etc....Dès la reprise de la faïencerie Paulus, la terre à feu subsiste mais la faïence stannifère d'usage courant est abandonnée au profit de la faïence fine feldspathique à l'anglaise. La production de la fabrique est plus particulièrement orientée vers les objets de fantaisie dont des pièces monumentales qui ont envahi les intérieurs au cours de la deuxième moitié du 19éme siècle et dont la vogue s'est prolongée au travers du Modern Style jusqu'à l'époque 1900. En 1893, la France augmente les droits de douane et l'exportation des pièces ornementales devient malaisée, la production va donc se tourner vers la fabrication de vaisselle de table. En 1899, à la mort d' Auguste Mouzin, son gendre Eugène Meyer reprend les affaires. Il poursuit les aménagements de l'usine en vue d'accroître la production de vaisselle, tout en poursuivant la réalisation de pièces décoratives et de majoliques. En 1901 trois nouveaux fours dont deux en forme de ruche sont construits. En 1902, les statuts de la société sont modifiés et la faïencerie est constituée en Société Anonyme. La fabrique prend le nom de Société Anonyme de Wasmuël. En 1907, Eugène Meyer décède et son fils Henry se retrouve à la tête de la manufacture à l'âge de 22 ans. Directeur de la Faïencerie pendant plus de quarante ans, Henry Meyer a connu la fin de l'Art Nouveau et des majoliques, la période Art Déco et le style des années trente. L'époque des céramiques monumentales et des grandes pièces décoratives se termine avec la guerre de 1914-1918. La décoration peinte à la main qui subsiste à côté de l'impression est progressivement concurrencée par le "vapo" et la décalcomanie. Après la guerre, la mode change, la production devient beaucoup plus banale et s'oriente vers des pièces courantes. Les pièces les plus originales ou les plus réussies de cette époque sont les ensembles de vases Art Déco et les animaux craquelés en vogue dans les années trente. L'exposition de Paris de 1937 correspond à un essai de renouveau artistique dans la céramique industrielle en Belgique auquel Henri Meyer adhère en adoptant à Wasmuël le peintre Robert Van Nérom envoyé par Henri van de Velde pour la préparation de l'exposition dont la consigne est de créer des modèles modernes, sobres, discrets, fonctionnels, issus de formes géométriques simples. L'exposition sera un succès, Henri Meyer est décoré de la Légion d'Honneur. Durant la guerre 1940-1945, la production de vaisselle d'usage courant l'emporte sur les activités artistiques. Après la libération, Robert Van Nérom réalise à nouveau des pièces décoratives. Malheureusement, ce sera la dernière période faste, la faïencerie commence à connaître des difficultés financières et doit se résigner à une production presque strictement commerciale. Face à la concurrence des pièces étrangères moins chères et des difficultés d'approvisionnement en combustible, la manufacture introduit une demande de concordat en 1951. Le 24 juillet de cette même année le concordat est homologué par le Tribunal du Commerce de Mons. La faïencerie est ensuite mise en liquidation et dès 1952, on commence à la démolir. Aujourd'hui, il n'en subsiste qu'une grue, une cheminée et quelques mélangeurs.